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Avec l’essor de technologies comme l’Internet des Objets (IoT) ou l’Intelligence Artificielle (IA), le volume de données à disposition des entreprises a littéralement explosé ces dernières années. Cette prolifération a été génératrice d’opportunités pour le HPC (ou Calcul Haute Performance), autrefois technologie obscure cantonnée à la recherche. Aujourd’hui, ce sont bien les entreprises qui sont les principales utilisatrices de cette technologie de pointe. Et les DSI l’ont bien compris.

 Un développement lié à l’essor de la data

Nul ne pourra nier que les volumes de données créés s’accroissent à un rythme étourdissant. En effet, 90% des données aujourd’hui n’ont pas plus de 2 ans, 2,5 quintillions de bytes de données sont générés quotidiennement. D’ailleurs, IDC estime que chaque personne sur terre générera 1,7 mégabytes de données par seconde d’ici 2020.

Cela explique l’engouement des DSI à se tourner vers le HPC afin de faire face à ce déferlement, mais surtout, d’en tirer parti. En effet, si l’on répète à tout va que les données sont le nouvel or noir de l’entreprise, il est nécessaire de garder à l’esprit qu’une donnée n’a de valeur que si elle est exploitable pour remplir un objectif. Or, ce qui permet un usage lucratif des données, c’est justement l’évolution des moyens pour les traiter. Il est logiquement compréhensible qu’IDC prédise qu’un serveur sur quatre servira à faire du HPC d’ici 2020.

Des possibilités d’utilisation infinies

Le Calcul Haute Performance utilise la puissance combinée de centaines de processeurs, un supercalculateur, afin d’effectuer des traitements complexes de données de masses.  Il y a une décennie, les centres de recherches gouvernementaux et universitaires étaient très friands de cette technologie. Mais en 2019, le HPC, de par sa capacité à traiter d’immenses ensembles de données en temps réel, est appliqué dans bien d’autre secteurs insoupçonnés. A titre d’exemple, il est souvent nécessaire pour le streaming live d’un événement sportif, le suivi d’un ouragan en développement, les effets spéciaux au cinéma, l’identification de puits de pétrole ou de gaz pour le forage ou encore pour l’analyse des marchés financiers. Et il ne s’agit là que de quelques exemples de cas d’usage.

Une belle réputation et un avenir au beau fixe

En se développant, le HPC trouve aussi une nouvelle légitimité au sein des entreprises aujourd’hui.  Ainsi, selon une récente étude, 9 DSI français sur 10 considèrent le HPC comme un moteur de l’innovation :

  • 61 % pensent que son impact sur l’innovation sera plus important que celui de l’Intelligence Artificielle.
  • Plus de 90% sont d’accord pour dire que le HPC est vital pour l’entreprise de par sa capacité à prendre en charge les applications avancées d’analyse et de modélisation.
  • 81 % des DSI estiment que les entreprises n’envisageant pas de mettre en place des solutions HPC au cours des cinq prochaines années ne seront pas suffisamment armées pour faire face à la concurrence, faisant de cette technologie, l’un de leurs premiers investissements.

Quant à son application, selon cette même étude, les spécialistes estiment que le secteur bancaire représente le plus fort potentiel d’exploitation (18%), suivi des télécommunications (15%), de l’aérospatial et de l’aéronautique (14%), bien loin du carcan universitaire originel du HPC.

Les DSI conscients de la bataille à venir

Le HPC est déjà bien implanté dans l’Hexagone et les entreprises françaises sont très enthousiastes et prêtes à l’adopter. Quand 41% des entreprises font déjà appel au HPC via des cas d’applications pratiques, plus de la moitié d’entre elles prévoient de le faire prochainement. Pour les entreprises qui ne l’utilisent pas encore, 9 sur 10 prévoient une mise en place dans les six mois à deux ans.

Si le HPC a déjà démontré son rôle indispensable dans la recherche et l’innovation, les DSI sont aussi bien conscients que ces solutions open source hautement évolutives et performantes aident aussi les entreprises à innover et à faire face à la concurrence.

Lors du forum Teratec, évènement français dédié au HPC sur le campus de Polytechnique en juin dernier, Philippe Varin, président de France Industrie déclarait d’ailleurs à ce sujet : « Le calcul haute performance est un élément de différenciation et il n’y a pas d’industrie forte qui ne soit numérisée. »

Bien consciente de l’essor de cette technologie et de son importance dans les années à venir, la Commission Européenne a d’ailleurs décidé de placer l’Europe comme l’un des grands acteurs mondiaux du HPC en lançant fin 2018 la « Joint-Undertaking EuroHPC ». L’objectif est de détenir dès 2023 en Europe deux supercalculateurs ouverts aux chercheurs et aux industriels. Le CNRS quant à lui annoncé en début d’année l’acquisition d’un nouveau supercalculateur très puissant qui s’inscrit dans le plan de recherche en intelligence artificielle annoncé en 2018. Il y a donc fort à parier que le HPC continuera de s’imposer dans un vaste éventail de secteur pour continuer à faire progresser l’innovation pour tous.

Tribune de Pierre-Yves Albrieux, Country Manager, SUSE France

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Category: Expert Views, High Performance Computing, Popular Topics
This entry was posted mercredi, 18 septembre, 2019 at 2:26
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